♪ Présentation ♪

♪ Présentation ♪


Elle a quinze ans, elle est lycéenne, elle est nouvelle.
En gros :
elle débarque.










Il y a des commentaires tout simplement géniaux.



Expéditeur : Geheime-Liebe
Commentaire envoyé le : lundi 01 juin 2009 15:59
Article associé : Chapitre 7 | Voir l'article | Éditer l'article

Bon alors soyons claires. Tu veux mourir étouffée dans ton sommeil ou dans d'atroces souffrances? Non parce que les deux marchent !
PUTAIN ! Mais ça va pas de laisser un suspense pareil. M'enfou que tu écrives pendant les vacances ou quoi. C'est pas encore les vacances en plus >___________________<
*tombe en déprime*

Ah Bonjour :D Ouais j'étais dans mon tripe tu vois. J'ai lu tout d'une traite. C'était GENIAL !
Ouais, tout simplement. J'adore ce genre d'histoire, la nouvelle qui débarque, avec la pouf et les Canons... Et aaaaaaaaaaah *_____________*
Et puis t'écris super bien >w< (nan mais faut le dire hein 8D)
Ils sont tarés ses amis HAHA ! On dirait que Vince en pince pour Edwige (J'adore ce nom. Je keaf tous les prénoms de tes personnages, si, si sincèrement, ils collent super bien à chaque personnalité)
Pardon de pas avoir laissé de commentaires sur les autres articles.
Je voulais pas m'arrêter... puis j'avais la flemme :D - me frappe pas >_<.
Après, j'adoooooooooooooore tes personnages. Je me crois trop à la place d'Edwige. La bande là, putain mais c'est tous des psycho' échappés d'un Asile, c'est pas possible. Celui qui surpasse tout le monde c'est Bill... mais nous ne dirons rien.
J'sais pas quoi rajouter. A part que j'ai envie de te trucider sauf que ça serait dommage pour la suite, m'enfin.

Désolée de cette soudaine apparition T__T & désolée si je t'ai fait peur...
Bisouille - *voix grave des méchants* et fais gaffe à toi, je pourrais très bien t'assassiner dans tes rêves MUAHAHAHA.

(:












..............pourquoi tu surlignes? T'as pas d'amis ? 8D
@hotmail.fr




AMIS = PRÉVENUS








♥ TU AIMES ? ALORS FAIS TOURNER ;D ♥

# Posté le lundi 20 avril 2009 05:24

Modifié le lundi 31 août 2009 07:55

Chapitre 1

Chapitre 1
____Je marchais dans la rue, agacée. Les vacances d'été étaient définitivement finies, ce qui signifiait que les maudits cours reprenaient alors qu'un soleil brûlant tapait déjà en cette magnifique matinée de septembre... Cette agréable chaleur me donnait envie de m'étaler à nouveau de la crème solaire, m'allonger dans le sable blanc vêtue de mon maillot de bain ultra sexy et guetter la moindre venue d'une bombe sexuelle masculine. Regrettablement pour moi, tout cela n'existait plus. Ma mère me l'avait gentiment rappelé dès le petit-déjeuner en me sermonnant sur ma moyenne de mathématiques de l'année passée, avant de me faire jurer de la remonter pour ce premier trimestre en seconde...
____Comme pour m'accabler d'avantage, un dernier fléau était venu rejoindre les autres : j'étais nouvelle dans mon lycée.
____Ma scolarité allait mal avant même d'avoir commencé. L'établissement où je devais me rendre était introuvable, et, armée de mon sens inouï de l'orientation, j'avais réussi à me perdre dans cette ville inconnue. Il me restait donc moins de quinze malheureuses petites minutes pour trouver ma destination, ou alors j'allais me ridiculiser devant une trentaine d'élèves en arrivant en retard pour le premier jour d'école. Su-per !
____Je continuais donc à avancer, en cherchant du regard le moindre indice sur ma position... Soudain, à l'angle de la ruelle, je m'arrêtai nette. Un énorme bâtiment noir, imposant, se dressait devant moi. Sur ses grandes fenêtres se reflétait l'éclat du soleil, et un large trait blanc formait les contours de chacune des vitres. Des lettres de couleur immaculée écrivaient en gros « Lycée Desmon » sur la façade sombre. Finalement, j'y étais arrivée... Sous mes yeux impressionnés, une foule se précipitait dans une cour, visiblement. Prenant une grande inspiration pour me donner courage, je me fondis dans la vague de gens qui m'étaient totalement étrangers.
____Autour de moi, on parlait fort, on criait, on riait. Tous semblaient se connaître.
____Je me sentis terriblement seule à cet instant.
____Juste en trop, quoi.
____Toujours aussi mal à l'aise, je tentai - à travers les têtes qui cachaient ma vue - de repérer mon nom dans les différentes listes selon les classes. Par chance, je n'eus pas besoin d'aller plus loin que la première feuille : « EVENS Edwige » était affiché pour la seconde un. Je consultai ma montre. Qu'est-ce que je pouvais faire pendant ce temps, mise à l'écart de tous les autres ? Alors que mes pensées s'assombrissaient, une jeune fille blonde passa devant moi. Non, elle n'était pas belle. Tout simplement sublime. Grande, avec un sourire aguicheur et des yeux bleus pétillants, elle se démarquait complètement. Pour son simple passage, une allée se formait entre les élèves. Qu'ils se soient mis à genoux devant elle ne m'aurait même pas étonnée. Une aura de respect s'était créée autour de l'adolescente, qui semblait jouir de ce pouvoir avec habitude.
____Mon état d'hébétude disparut au même instant où le couloir humain se referma. Quelques instants plus tard, les professeurs principaux arrivèrent, et chaque groupe partit peu à peu. Je suivis le mien, tout derrière, silencieuse...
____Une fois dans la salle, je m'installai au dernier rang, bien au fond. Personne ne vint s'asseoir à mes côtés. Ils m'ignoraient tous. Ou alors ils ne m'avaient pas encore remarquée. Mais pour le moment, la solitude me convenait ; leur indifférence ne me blessait pas. Du coin de l'½il, j'aperçus la blonde parmi un petit groupement de ma classe. Une cour de pouffes l'entourait ; elles ricanaient bêtement, avec des manières, n'ayant d'yeux que pour leur déesse adulée. Alors que je dévisageais toutes ces filles ridicules, je croisai le regard perçant de la beauté fatale, qui me donna l'impression qu'une lame mortelle me transperçait la chair. Elle bouscula les deux filles qui semblaient la complimenter sur ses vêtements chics et s'avança, ne cessant pas une seule seconde de me fixer. Aussitôt, un silence digne de morts se fit dans la classe, et seuls les talons claquants de ses bottes en cuir vinrent le combler... Tous la regardaient, avant que pour la première fois, ils convergent leurs yeux sur ma personne. Embarrassée, je plaçai une partie de ma longue chevelure brune devant mon visage afin de créer une barrière entre le monde et moi. Je me savais détaillée entièrement, juste parce qu'Elle avait daigné s'intéresser à moi. Largement, j'aurais préféré garder mon anonymat... La chaise à ma droite fut tirée ; je devinai que la blonde s'y était assise. Finalement, je plaçai mes cheveux derrière mon oreille avant d'affronter deux perles bleues, aussi belles que menaçantes.
____Avant même qu'elle ne prenne la parole, je fus sur mes gardes.
_ Tu t'appelles ? fit-elle, sans prendre la peine de me saluer.
_ Edwige Evens.
____Je n'appréciai pas l'intonation de sa voix. Je n'aimais pas sa façon de me reluquer sous toutes les coutures, de me juger sur mon apparence... Mais sachant que tous les élèves suivaient avec attention notre conversation, je me forçai à sourire et à poursuivre.
_ Et toi ? enchaînai-je.
____Toute sa cour s'offusqua de mes paroles. Je levai un sourcil interrogateur et me tournai vers la jeune fille.
_ Quoi ? Je suis sensée te connaître avant même te rencontrer ?
_ Je suis Jessica Delcourt, la fille la plus populaire de ce lycée, lâcha-t-elle banalement.
_ C'est ça, et modestie est ton deuxième prénom ?
____Alors que son groupe furieux semblait vouloir se jeter sur moi, Jessica claqua des doigts et les filles se calmèrent instantanément. Je rêvai ou la blonde les prenait pour ses chiens ? Le pire dans tout ça, c'est que personne ne semblait s'en choquer !
_ Tu es la première à oser me répondre, dit-elle avec un sourire étrange. J'aime bien les insoumises. On mange ensemble, ce midi ?

____La cafétéria était immense. Plus grande encore que ce que je m'étais imaginée. Pourtant, elle parvenait avec peine à contenir les nombreux élèves du lycée. J'inspectai les alentours avec un ½il critique, et je remarquai que des personnes s'étaient rassemblées par endroit en moins de quelques minutes. Eclats de rire, cris, murmures... Tout se mélangeait pour engendrer un brouhaha énorme. Je n'avais jamais aimé le bruit. Il blessait mes oreilles, et s'amplifiait au fur et à mesure. Comme pour s'acharner davantage.
____A ma gauche s'était installée Jessica, qui admirait son vernis rouge flash pendant que l'une se ses esclaves était partie lui chercher son plateau. Ses habitudes de petite chef me révoltaient. Mais, paradoxalement, j'étais assise à côté d'elle... En même temps, elle ne m'avait pas laissé un quelconque choix. Elle voulait ; les autres n'avaient qu'à obéir. C'était sa loi. Sa façon de vivre.
____Toutefois pas la mienne.
Son repas fut déposé pile devant elle par une petite brune aux yeux brillants, qui semblait totalement comblée d'avoir offert de la nourriture à sa maîtresse. Toute cette scène me coupa définitivement l'appétit. Je posai ma fourchette qui remuait pitoyablement mes spaghettis depuis un bon moment pour m'emparer à la place de ma boisson.
_ Alors, Edwige, ça fait quoi d'être nouvelle ? fit Jessica en sortant de son mutisme.
_ Ben... ce n'est pas agréable. Forcément.
Elle hocha la tête avec assurance.
_ Oui, je comprends.
____Une fois de plus, l'envie de la planter là et partir me chatouilla furtivement l'esprit... Cette idée plaisante m'avait souvent traversé l'esprit pendant la matinée, d'ailleurs. Mais en même temps, si je la quittais, je partirai voir qui ? Faire quoi ?
____Seule, perdue, inconnue.
____Ces trois mots résumaient parfaitement ma situation. Pour cette journée, je me résignai à rester avec la jeune fille, mais je me jurai intérieurement de ne pas en faire une habitude. Il fallait que je côtoie absolument d'autres personnes : je ne voulais surtout pas finir dans son groupe d'ici la fin de l'année !
____Au même moment, une grande rousse arriva jusqu'à nous, complètement essoufflée. Elle fixait Jessica avec insistance, sans me prêter la moindre attention.
_ Il arrive, lâcha-t-elle. Dans moins d'une minute. J'ai eu du mal à le repérer aujourd'hui, pardonne mon retard.
_ Merci Judith, dit-elle avant de la congédier.
_ Qui arrive ? demandai-je, intriguée. Pourquoi tu le fais surveiller ?
____Un sourire mystérieux apparut sur ses lèvres roses. Son visage était complètement changé depuis la nouvelle de son amie. Il était... encore plus rayonnant.
_ Tu vas voir.
____Aucune autre explication pouvant m'éclairer fut prononcée.
____Et c'est alors que je le vis. Je manquai de peu de lâcher mon verre tellement j'étais frappée.
____C'était le garçon le plus beau que je n'avais jamais vu. Presque toutes les têtes féminines que comportait le réfectoire se retournèrent vers lui. Mais la plus émerveillée était bien celle de ma voisine... ou peut-être la mienne.
____Comme toutes les autres filles, je n'arrivai pas non plus à décrocher mon regard de ses courbes enviables, de son corps grand et fin. De ses cheveux aussi sombres que l'encre de Chine, qui recouvraient son front et qui tombaient avec légèreté sur sa nuque. Je ne parvenais à me détacher de son visage, de ses lèvres désirables... Cet Adonis vivant posa ses yeux sur notre table et s'approcha dangereusement. Mon c½ur loupa un battement. Non non non, il ne fallait pas qu'il vienne manger avec nous !! Je perdais complètement la notion du français en présence d'une personne masculine aussi magnifique ! J'allais me ridiculiser, c'était certain. Et je ne voulais pas que Jessica voit ça !
____Je bredouillai une excuse minable en me levant, avant qu'Il n'atteigne le groupe. Juste au moment où je prenais ma veste, il tira la chaise qui se trouvait en face de moi. Je rencontrai alors ses yeux gris. Un gris perçant, envahissant, qui semblait vouloir entrer en moi pour s'inscrire dans mes veines.
____Mon pouls s'accéléra. Mes jambes tremblèrent. Elles réussirent tout de même à me faire pivoter, à tourner le dos à la table.
____Et lâchement, je partis.

____J'entrai dans les toilettes des filles, en entendant encore dans mon crâne les battements de mon c½ur résonner comme un tambour pris de folie. C'était insupportable. Tout comme le souvenir du regard de l'inconnu à la cafétéria... Comment pouvait-il être aussi sublime ? Etait-il réellement humain, au moins ?
____J'aspergeai d'eau mon visage afin de recouvrir mes esprits. En relevant la tête, je rencontrai mon reflet. Comment en étais-je arrivée là ? Où étaient passés mes amis, ceux qui m'avaient soutenue dans les hauts comme dans ces putains de bas ? Les yeux verts du miroir ne me répondirent pas. De toute façon, la réponse, je la connaissais bien. Tout avait commencé avec ce déménagement...

_ Quoi !? Tu pars ? Mais pour aller où ? s'était écriée Sophie.
_ Tu veux nous lâcher ? avait renchérit Marc, affolé.
_ Non non non ! Si ça ne tenait qu'à moi, je resterais avec le groupe. Vous savez pourtant à quel point je tiens à vous. Je voudrais tant être encore à vos côtés après les vacances d'été mais... mes parents l'ont décidé autrement. Je serais près de Paris, dans une ville immense. Mon père a une mutation, alors forcément, je... je suis obligée de le suivre. Je suis désolée. Sincèrement...
____J'avais terminé ma phrase dans un souffle, sur le point d'éclater en sanglots. Mes dents avaient mordu rageusement ma lèvre inférieure afin de contenir tout ce flot de sentiments qui m'envahissaient à cet instant. Je ne pouvais pas les quitter. J'avais toujours été avec eux... Alors pourquoi cette séparation ? Pourquoi devais-je leur dire une chose aussi horrible ?
____Une main s'était posée sur mon épaule, rassurante. Thomas. Le seul à me connaître vraiment par c½ur.
_ Ed, tu vas me manquer.
____Je m'étais retournée vers lui, les larmes coulant lamentablement sur mes joues. J'étais incapable de parler. Ma bouche avait beau s'ouvrir, aucun son n'en était sorti...
____Il m'avait enroulée dans ses bras puissants, et mes pleurs avaient doublé d'intensité.
_ Pardon... pardon..., avais-je chuchoté dans le creux de son cou.
____Thomas avait caressé mes cheveux doucement. Je savais qu'il souffrait autant que moi de cette nouvelle, peut-être même plus. Il avait toujours été un frère de c½ur, et moi une petite s½ur pour lui. Ce départ représentait tout ce que je ne voulais pas...
_ Ne nous oublie surtout pas !

____Et après ses mots, mon âme s'était brisée à jamais...

____L'entrée de deux filles dans les WC me sortit de mes souvenirs amers. Leur visage m'était familier mais je ne parvenais pas à me rappeler d'où.
_ Tiens, tu es dans notre classe non ? fit la plus petite.
_ Je... je ne sais pas. Sûrement.
_ Tu es Edwige, c'est ça ?
____Je hochai la tête.
_ Moi c'est Morgane, dit l'autre fille. Elle, c'est Lola.
_ Heureuse de vous rencontrer.
____Après un silence gênant de cinq secondes, l'une d'entre elles sembla reprendre vie :
_ Bon c'est pas tout, moi je suis venue pour pisser ! lâcha Lola en s'emparant du rouleau de papier avant de s'enfermer dans les toilettes en claquant la porte.
____J'esquissai un sourire, malgré ma surprise. Son naturel était agréable. En vérité, c'était l'exact opposé de Jessica : pas très grande, avec des belles boucles brunes, elle allait droit au but sans tourner autour des gens comme un vautour sans en révéler la raison.
____Elle me plaisait.
_ Je sais qu'elle fout les jetons à tout le monde mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas par sadisme, c'est son comportement normal, me chuchota Morgane en faisant un clin d'½il.
_ J'AI ENTENDU !!!! cria l'intéressée de derrière la porte.
_ Pourquoi t'as embarqué tout le rouleau ? Y'a pas que toi dans le monde ! Egoïste !! répliqua son amie.
_ Puisque je fais peur, je vais me pendre ! Tu croyais que j'allais faire comment, avec trois malheureux petits bouts de PQ pour me servir de corde ?
_ Vu ton poids, même avec l'ensemble ça va craquer...
_ QUOI ?!? rugit la voix de la cabine. T'as de la chance de ne pas être en face de moi, Morgane !
____Elle rigola. Je ne pus m'empêcher de mêler mon rire au sien.
____Finalement, cette école n'était pas si mal !


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Alors, les impressions? 8D

# Posté le lundi 20 avril 2009 05:29

Modifié le lundi 02 novembre 2009 11:56

Chapitre 2

____J'avais passé le reste du temps en compagnie des deux jeunes filles, malgré les regards meurtriers que Jessica me jetait depuis que je l'avais abandonnée à la cafétéria. Elles étaient d'une compagnie chaleureuse, avec laquelle l'on se sentait tout de suite à l'aise. Lola avait un caractère bien trempé, n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait. Quant à Morgane, elle était plus réservée, plus mystérieuse. Ce duo étrange de deux âmes si différentes m'était agréable. En cours, pour le reste de la journée, une fille prénommée Kimberley s'était installée à côté de moi. Elle était toujours souriante ; et cela me semblait plutôt anormal pour une journée qui représentait la terrible fin des vacances... Mais sa bonne humeur était communicative. Je me surpris à l'apprécier rapidement.
____A dix-sept heures, lorsque la sonnerie annonçant la fin des cours retentit, je saluai les trois adolescentes et plaçai mon Eastpak sur l'épaule. Malgré l'existence d'un casier, je préférai ne rien déposer à l'intérieur pour ce jour. Pendant que je me dirigeai vers la sortie, je repérai Jessica en train de parler à Judith (si je me souvenais bien de son nom) parmi la foule. Son espionne désigna du doigt un endroit sur ma droite. Curieuse, je regardai moi aussi.
____Je m'en serais mordu les doigts.
____A l'emplacement montré se tenait le magnifique garçon de la cantine, qui me contemplait intensément, avec une expression indéchiffrable. Mes joues me picotèrent, et je fis semblant que jamais je n'avais croisé son regard, que je ne l'avais pas vu.
____Une fois de plus, je partis afin d'échapper à ses sublimes yeux gris.
____Quand enfin j'arrivai dehors, j'inspirai une grande bouffée d'air qui me redonna vie. Les battements de mon c½ur commencèrent à se calmer. Mais qu'est-ce qu'il avait ce mec à me regarder comme ça ? Il voulait que mon muscle cardiaque éclate ou quoi ? Je détestais qu'on me fixe de cette façon ; ça me rendait malade, nerveuse, gênée. Complètement dingue, quoi.
____La foule d'élèves commençait peu à peu à se disperser. Alors que je commençai à aller dans la petite ruelle déserte par laquelle j'étais passée le matin même, une main se posa sur mon épaule qui me fit sursauter. Je me retournai aussitôt, en position de combat, prête à me défendre.
Et je me figeai.
_ Excuse-moi de t'avoir fait peur, dit le jeune homme que j'avais tenté d'éviter jusque-là.
Comme je l'avais horriblement prévu, une sorte de « Mmhrffl » sorti de ma bouche... Le français m'était inconnu, une fois de plus.
____Je haïssais l'effet que me faisaient les garçons canons !!

_ Jessica m'a dit que tu étais nouvelle, alors je me suis dit que ça serait cool que je j'aille te parler un peu, fit-il avec un sourire étincelant. Alors, tes impressions pour cette première journée ?
C'était quoi ces dents aussi blanches ? Il était sponsorisé par une marque de dentifrice ?
_ Hum. Plutôt mitigées je dirais. Tu t'appelles comment, au fait ?
_ Dave. Dave Allen.
_ Moi c'est Edwige.
_ Tu portes un nom pas très courant.
_ Je ne suis pas une personne très courante non plus.
____Depuis un petit moment, j'avais remarqué qu'il m'était plus aisé de lui adresser la parole sans examiner son visage parfait. Alors je contemplais la route. Me focalisant seulement sur sa voix douce, grave, aux intonations sensuelles involontaires qu'il essayait de maîtriser à chaque fois qu'il prenait la parole.
_ C'est vrai, tu n'es pas banale ; tu es même la première fille à me fuir.
____Je m'arrêtai nette et plongeai mon regard émeraude dans le sien. Ainsi, il avait compris mon jeu ?
____Incapable de me justifier, voilà comment j'étais. Et mal à l'aise aussi. Terriblement mal à l'aise.
_ C'est... heu... compliqué. Ne prends pas mal mes actes, soufflai-je dans un murmure.
____Lui aussi avait stoppé sa marche, pour me faire face. Il me dévisagea curieusement pendant quelques secondes, et s'approcha d'un pas.
Puis d'un autre.
____Mon corps ne bougeait plus. Il ne pouvait pas. J'avais beau vouloir partir, mes jambes ne me répondaient plus.
____Apeine quelques centimètres nous séparaient, et j'étais contrainte de lever la tête tellement il était grand si je voulais continuer de le regarder.
____Ce que je ne fis pas.
____Je me contentai de la vision de son torse pour parler normalement. Sa main tiède passa sur ma nuque. Il se pencha et l'enivrant parfum de son cou chatouilla mes narines. Il chuchota à mon oreille, d'une voix quasi inaudible : « Et comment je devrais les prendre alors ? ». Je me sentis trembler. Une vague d'émotion déferla sur moi, sans que je puisse la contrôler.
_ Je... je ne sais pas, marmonnai-je.
Il rit avant de se reculer.
_ Heureux de t'avoir rencontrée Edwige, dit-il, énigmatique.
____Et il partit devant. Me laissant seule dans la rue, avec une impression étrange de sa personne.

____Je rentrai chez moi avec lassitude. Mes parents n'étaient pas là ; mais ça, j'en avais l'habitude. En vérité, je ne les voyais que le week-end, parfois certains matins... Contrairement à la majorité des adolescents, leur absence ne me tracassait pas. Etant fille unique, j'avais donc la nouvelle maison pour moi seule.
____Je poussai la porte de ma chambre. Il n'y avait presque rien : mon lit à côté de la fenêtre, une armoire, un bureau et une chaîne stéréo dernier cri. La pièce était trop vide à mon goût. Et sur les murs, aucun poster.
____Seulement trois photographies.
____Une où Thomas me tenait dans ses bras. Une autre avec tout le groupe : Sophie, Eliane, Marc, Jillian et Thomas. Et la dernière, plus banale, avec mes parents lorsque j'étais encore enfant. Du bout du doigt, je caressai les visages de mes amis. Cette distance entre nous m'était insupportable. Mais je n'avais pas choisis cette vie. On avait pris les décisions à ma place. Et j'avais dû suivre le mouvement, sans comprendre réellement ce qui m'arrivait...
____Un soupir m'échappa.
____Je m'assis sur ma chaise et allumai l'ordinateur. Vingt petites secondes plus tard, j'étais déjà connectée à MSN. Avec bonheur, je remarquai que Marc aussi.
~Ed~ dit :
Hey !! Tu vas bien ?
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Non >< Les cours ont repris !
~Ed~ dit :
Mdrrr Tu es toujours de mauvaise humeur de toute façon ! ^^
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Pff. N'importe quoi ! Alors, comment c'est de ton côté ? Pas trop dur ?
~Ed~ dit :
Mmh. Ce n'est pas un bahut ordinaire, si tu veux mon avis.
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Comment ça ?
~Ed~ dit :
En fait, il y a deux personnes très étranges : une pouffe qui joue à la petite chef, et un mec super canon. -_-'
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Ah. Et qu'est-ce qu'il y a d'extraordinaire ?
~Ed~ dit :
La pouffe me veut quelque chose, mais je ne sais toujours pas quoi... Elle me tourne autour, me cherche. Son attitude n'est pas ...normale.
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Et le gars ? Il t'emmerde aussi ? (si tu veux on peut venir avec Jillian et Thomas lui casser la gueule, hein ! :D)
~Ed~ dit :
XPLDRRR nan nan. Tu connais déjà mon problème avec les mecs TROP beaux, non ?
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Ouais, t'arrives plus à t'exprimer... D'ailleurs, avec moi, ça ne s'est jamais produit =__=' Je dois le prendre mal ??
~Ed~ dit :
XDDD Bien sûr que non !! Enfin bref ; il a compris que je l'évitais. Pourtant, il est quand même venu me parler ! C'est illogique, non ?
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Pas tant que ça... Tu es jolie, il n'allait pas te laisser partir aussi facilement ! xD
~Ed~ dit :
Lol x) Te fais pas trop de films !! Sinon, comment vont les autres ?
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Bien, bien. Eliane est dans ma classe. Sophie est avec Jillian. Et Thomas... tout seul !!! Muahahahahaaaa 8D
~Ed~ dit :
xDDD Arrête de te moquer !! Mais je suis certaine qu'il doit avoir les boules ! :D
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Trop ^^ Tu nous manques, Ed. A tous.
~Ed~ dit :
Vous aussi !! Je n'arrête pas de penser au groupe, à regretter les moments géniaux que nous avons passés, nos sorties... Je hais ce déménagement, parce qu'il m'a séparé de vous !
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Attends, c'est pas comme si on te laissait tomber !! =) On reste amis, quelque soit le nombre de kilomètres qui nous séparent !!!
~Ed~ dit :
^^ T'as raison.
♪♪ MARC ♪♪ dit :
Merde, je dois y aller !! Mon petit frère veut jeter ma guitare par la fenêtre !!!! >< Il est con ce môme !!! Bisous :)
~Ed~ dit :
XPLDRRRRR Bon courage !! Bisous (L).
____Les minutes qui suivirent, je les passais sur internet, à naviguer sur différents sites, au hasard. J'éteignis finalement l'ordinateur, allai manger seule dans le salon, puis remontai pour aller me coucher.

____J'eus du mal à trouver le repos, alors je pris des somnifères dans la boîte à médicaments de la salle de bain. Sans m'en rendre vraiment compte, je sombrai en quelques secondes dans un sommeil peuplé d'étranges songes...
J'étais par terre, à quatre pattes, en tenue de ménagère sexy, en train de frotter énergiquement le sol.
____Cette pièce, grande et luxueuse, me disait quelque chose...
____Le carrelage était tellement brillant après mes heures de travail que j'aperçus à ma grande surprise se refléter le visage de Judith-l'Espionne, habillée en chasseur... Et lorsque je me retournai, elle avait disparu dans un nuage de poussières d'étoiles ! (8D spéciale dédicace à ceux qui ont lu LA vdm !! xD)
____Soudain, j'entendis des voix dans le jardin. Elles chantaient une chanson qui ne m'était pas inconnue : « Hého ! Hého ! On rentre du bouloooot ! HO HO HO HO !! ». Intriguée, j'allai regarder par la fenêtre : Sophie, Eliane, Thomas, Marc et Jillian, de la taille des nains et une pioche sur l'épaule, traversaient la pelouse. Je ne pus m'empêcher de remarquer à haute voix qu'il en manquait deux. Eliane, tout sourire, vint près du rebord de la vitre pour me dire comme si c'était l'évidence même : « Ils sont partis jouer avec les piranhas carnivores dans le lac ! Mais ne t'inquiète pas, ils vont revenir ! ».
____Ah...
____Et le petit groupe heureux continua son chemin, toujours sous le rythme de la chanson. Alors que je me demandai si tout cela avec une quelconque logique, j'entendis des pas dans mon dos. Surprise, je pivotai sur moi-même pour tomber nez à nez avec Jessica. Comme à son habitude, elle était sublime : elle portait une robe bleue longue, un décolleté plongeant, et sa chevelure blonde tombait en cascade sur ses épaules. Elle me sourit et s'avança vers moi. C'est alors que je me rendis compte que sa démarche était anormale : il lui manquait (une jambe ? *u*) un de ses magnifiques talons en verre ! Au moment où elle allait me dire quelque chose, la fenêtre vola en éclats ! Incapable de réagir et totalement tétanisée de stupéfaction, je vis Dave rouler en boule après l'impact, pour ensuite se relever avec fierté et remettre sa cape en place.
____Dans sa main droite se trouvait... la chaussure manquante de Jessica !
_ Veuillez, gente dame, accepter que je vous rende modestement votre soulier, fit-il en se courbant légèrement, en ne lâchant pas une seule fois des yeux ma voisine.
____Celle-ci acquiesça, les yeux pétillants de bonheur. Contrairement à ce que je m'étais imaginé, Dave, sans bouger d'un pouce, lui envoya ce qu'il avait dans les mains. Son parfait tir prit fin lorsque la chaussure percuta violemment la tête de la jeune fille. Cette dernière tomba par terre complètement assommée...
____Lorsque mes yeux réussirent enfin à se détacher du corps qui gisait à mes pieds, je rencontrai le regard du garçon. Il passa sa main dans ses cheveux noirs et m'adressa un sourire, avant de s'avancer dans ma direction. Pas une seule fois il ne cessa de me fixer, et lorsqu'il atteignit enfin ma hauteur, il dit d'une voix qui ne lui ressemblait pas :
_ Bip, bip, bip, bip !

____J'ouvris les yeux dans un sursaut, le front recouvert de sueur. Mon réveil !!


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:D Mes idées sont bonnes, non?
**fière**

Enfinbrefquoiquilensoit.
Vous en pensez quoi?
(haan ça rime! *u*)

Chapitre 2

# Posté le lundi 20 avril 2009 05:39

Modifié le mercredi 24 juin 2009 08:37

Chapitre 3

____Ma deuxième journée au lycée Desmon allait débuter. Et franchement, après cet horrible cauchemar, je n'avais aucune envie de me lever !
____Mais ma conscience me rappela à l'ordre. Résignée, je sortis du lit pour partir à la recherche de mes vêtements. J'optai pour un haut blanc, et un jean. De toute façon, je n'étais pas assez réveillée pour aller au-delà de la banalité. Cela dit, cet habillage s'accordait merveilleusement à mes courbes, et bien qu'il ne soit pas d'une originalité surprenante, ce que je portais m'allait parfaitement !
Je préparai rapidement mon sac en jetant un ½il sur mon emploi du temps chargé. Comme je regrettais les vacances ! Deux mois à la plage ne me suffisaient pas ; il aurait fallu que j'y reste au moins un an ! Et puis, malgré la présence de personnes formidables, mes anciens amis me manquaient encore... Je secouai la tête, dans l'espoir que ce geste allait faire fuir de mon esprit ces regrets. Repenser au passé n'allait pas me faire progresser dans cette nouvelle vie.
____Après avoir descendu les escaliers, je me décidai à ne pas prendre de petit-déjeuner : l'image du talon envoyé dans la tête de Jessica me perturbait trop. Mais pourquoi avais-je fait un rêve aussi débile ? On m'avait déjà dit que les songes représentaient d'une autre façon nos fantasmes... Bon, OK, il était vrai qu'assommer la blonde n'était pas une si mauvaise idée que ça, mais ma vie ne tournait pas qu'autour ce souhait ! Et puis voir tous ceux du groupe... en nains !! C'était quoi ce délire ? Et Dave qui entrait par une fenêtre tel un héros... il faisait quoi dans mon cauchemar, au juste ?
____Quelques minutes plus tard, il s'imposa à moi que ça devait être les somnifères pris avant la nuit qui m'avaient fait cet effet bizarre...

_ Qui est Edwige ? demanda le professeur de mathématiques après avoir consulté la liste des élèves des yeux.
____Pourquoi, sur les trente adolescents de cette classe, c'était MON nom qu'il avait choisi, hein ? Déjà, en maths, j'étais nulle. Mais vraiment nulle. De plus, aller au tableau pour me ridiculiser ne me tentait pas trop... Je fis donc semblant d'être morte, en ne donnant aucun signe de vie.
_ Edwige Evens est bien dans cette classe, non ? insista l'homme lunetteux en fronçant les sourcils.
____Kimberley me poussa du coude. Je soupirai. OK, OK, puisque je n'avais pas le choix...
_ C'est moi, lâchai-je en levant le bras sans conviction.
_ Bien ! Allez donc nous résoudre cette inéquation du second degré.
____Je grinçai des dents, mais me levai tout de même et avançai courageusement – ou plutôt sous la menace des éclairs que me lançaient le prof – vers l'échafaud. L'instituteur me détailla au fur et à mesure que j'avançais, à l'instar du reste des personnes qui peuplaient cette salle. YOUHOUUU ! Je partais pour me suicider, et j'avais même le droit à ce qu'un public assiste à ma mort !! Comme les gens d'ici étaient aimables ! C'était dingue quand même ; avant, dès qu'on entendait « Edwige, au tableau ! » en cours de mathématiques, ils étaient tous solidaires : ils se bousculaient pour aller répondre à ma place (car ils savaient à quel point mon niveau était plus que lamentable), et le professeur était contraint de les laisser faire.
____Ici, rien. Chacun me regardait avec un sourire, comme si l'idée que j'allais crever sous leurs yeux était tout simplement géniale.
____Une fois face à la noirceur du tableau où était inscrit le calcul maudit, je pris la craie entre mes mains et commençai à la casser nerveusement, sans écrire quoi que ce soit, en faisant semblant de réfléchir intensément.
____C'est alors qu'une idée lumineuse, maligne, subtile – enfin bref – traversa mon esprit : plus de craie, plus de solution à marquer !! Je me retins difficilement d'afficher le sourire de triomphe sur mon visage. Dès que le professeur eut le dos tourné, je mis mon plan diabolique à exécution : le plus discrètement possible, je plaçai la chose blanche damnée et poudreuse sous ma chaussure puis commençai à l'écraser silencieusement. Le rang de devant, qui ne m'avait pas lâchée des yeux, rigola doucement. Je lui intimai de se taire en plaçant mon doigt sur les lèvres, juste au moment où le professeur se retourna dans ma direction pour voir ce qu'il se passait. Je fis mine de me gratter pensivement la bouche. De toute façon, c'était mon seul échappatoire ! Un garçon eut du mal à se contrôler et éclata de rire. Mon regard s'assombrit, et un grognement désapprobateur s'échappa de ma gorge. Si jamais ils ricanaient tous, le prof allait comprendre.
_ Alors Mlle Evens, ça avance ?
_ Oui oui, complètement ! affirmai-je en sentant qu'il ne restait maintenant plus que de la poudre sous mon pied. Mais il n'y a pas de craie, c'est bête ça... Je ne peux pas écrire la réponse du coup ! C'est dommage, hein ? Heu... je peux retourner à ma place alors ?
____De nouveau, il fronça les sourcils. Mon don de persuasion n'avait pas l'air de fonctionner aujourd'hui... Enfin, ce n'était pas comme s'il avait marché un jour.
_ Il y en a forcément une, comment aurais-je écrit sinon ? fit-il en se dirigeant vers le bureau en cherchant des yeux, visiblement contrarié.
Au bout de quelques secondes, il concéda que l'objet recherché avait bel et bien disparu. Mais au lieu de me renvoyer à ma chaise, il demanda à une fille d'aller en chercher une autre.
_ Merde ! lâchai-je dans un souffle, en espérant intérieurement qu'elle allait se paumer dans les couloirs.
_ Pardon ? Vous avez dit quelque chose ?
_ Hmm non non, c'est rien, je me raclais juste la gorge, répondis-je en souriant.
Nous attendîmes le retour de l'adolescente pendant deux petites minutes dans un silence complet. Ces cent vingt malheureuses secondes étaient toujours ça de gagné. Pile au moment où l'adolescente franchit le pas de la porte, la sonnerie retentit.
____Je faillis me mettre à genoux et remercier le Seigneur tellement j'étais heureuse. Alors que je m'éloignai du tableau soulagée d'un poids énorme, je me rendis compte avec horreur que je laissai des traces de pas blanches derrière moi... Le regard dur du professeur me transperça lorsqu'à son tour il les vit. Je me sentis obligée de me justifier.
_ Je vous assure, c'est ...de l'aspirine ! déclarai-je en levant les mains, la mine innocente. J'en avais un sachet dans ma poche, mais il s'est ouvert !
_ Nous en reparlerons, jeune fille, fit-il en rangeant ses affaires et se dirigeant vers la sortie.
_ Merde merde merde !! grimaçai-je.
____Lola me donna une tape dans le dos en se tenant les côtes.
_ De l'aspirine !!!! répéta-t-elle, toujours hilare. Et tu avais l'espoir qu'il te croit ?!
_ Oh, grommelai-je, c'est la première chose que j'ai trouvé ! Je n'ai jamais eu l'imagination débordante, figure-toi. Tu aurais dit quoi à ma place, hein ?
____Elle ne me répondit pas, se contentant de rire de plus belle. Morgane se joignit à elle ; et finalement, le fou rire m'emporta à mon tour.
_ T'es géniale, fit Lola en rigolant. Dès le deuxième jour, tu fais une connerie !

____L'heure suivante, la classe fut séparée en deux groupes selon l'ordre alphabétique, et je fus séparée de Kimberley, Morgane et Lola. La mort dans l'âme, je me rendis au labo de Sciences de la Vie et de la Terre. Je déposai mes affaires à l'avant dernier rang, près de la fenêtre. La petite pièce puait les produits de nettoyage ; tout brillait trop. Je n'aimais pas.
____Alors que mon regard vague observait à travers la vitre la rue vivante, les passants agités, quelqu'un s'installa à côté de moi. C'était un jeune homme blond, au beau regard océan. Et même assis, il me dépassait de nombreux centimètres.
____Je lui souris, et me présentai.
_ Je m'appelle Vincent, mais je préfère Vince. Ravi de te rencontrer.
_ Moi de même, répondis-je poliment. Tu es à Desmon depuis longtemps ?
_ Ouhla, depuis tout petit ! Mais c'est rare, les nouveaux maintenant.
_ Ah bon ?
_ Ouais. En fait, c'est surtout depuis ce qu'il s'est passé il y a deux ans...
____Un sentiment de curiosité était monté en moi, me brûlait les lèvres. Il y avait donc eu quelque chose d'intéressant, dans cette école aux apparences banales ?
_ Qu'est-ce qui est arrivé ?
____Il rit en se passant une main dans les cheveux.
_ Une rumeur a circulé comme quoi il y avait des fantômes dans la région...
Je levai un sourcil réprobateur, légèrement déçue.
_ Ça n'existe pas.
_ Ce n'est pas parce que tu n'en n'as jamais vu que tu peux l'affirmer, dit-il malicieusement.
_ Tu y crois, toi ?
Il ne me répondit pas, faisant mine de s'intéresser au cours. Son sourire mystérieux flottait toujours sur ses lèvres.
_ Tu voudrais en voir un ? demanda-t-il soudainement en se retournant vers moi.
____Une fois de plus, je rencontrai ses yeux à la couleur de la mer. Irrésistibles. Envoûtants. Je me mordis la langue pour ne pas me laisser emporter par son charme.
_ Ça me semble être la seule façon de me persuader de leur existence.
_ Ce soir, après les cours, tu es libre ?
____J'acquiesçai. Il me faisait marcher, j'en étais certaine.
_ Pourquoi ? le questionnai-je, espiègle. Un fantôme va nous attendre à la sortie ?
____Il rigola doucement, pour ne pas se faire remarquer du professeur.
_ Non, bien sûr que non. Mais je connais un endroit où l'on pourrait peut-être en apercevoir un.
_ Où ça ?
_ Ahah ! Secret, dit-il en faisant un clin d'½il.

____L'après-midi s'acheva avec deux heures d'éducation sportive, en interclasse. Le cycle était handball, j'avais de la chance : depuis toute petite, j'y jouais avec mes anciens amis. Depuis, j'avais acquis un niveau plus que convenable pour ce sport.
____Le terrain intérieur était immense, comme toutes les salles de ce lycée apparemment. De nombreux élèves étaient assis en face des trois enseignants, bien que ceux-ci ne donnaient pas encore d'instruction.
____Les grandes fenêtres permettaient de laisser entrer le soleil, et d'éclairer la pièce. Je trouvais ça agréable. J'avais l'impression de sentir les rayons caresser ma peau, mes cheveux, comme à la plage... Un sourire se dessina sur mes lèvres. Je sortis des vestiaires dans les dernières, et j'aperçus avec effroi Dave, en pleine discussion avec Vince, et trois autres garçons. Dès qu'ils m'aperçurent, ils stoppèrent leur conversation. Je ne cherchai pas à comprendre pourquoi, et m'installai silencieusement à côté de mes amies...
____Une minute plus tard, le professeur expliquait les règles que je connaissais déjà par c½ur. Ensuite, il désigna six garçons (deux selon les classes) - dont Vince - pour faire les équipes.
____Je rejoignis celle du blond dont j'avais fait depuis peu la connaissance ; à mon grand bonheur, Kimberley aussi, mais Morgane et Lola furent choisies par d'autres personnes que je ne connaissais pas. Je commençai à parler avec ma voisine de classe de tout et de rien, lorsque j'entendis un nom. En temps normal, l'entendre ne m'aurait pas choquée. Mais il avait fallu que ce soit VINCE qui le prononce, pour L'intégrer à notre équipe.
____Dave.
____Je faillis m'enfuir.
____Oh non. Oh non non non. Je devais – encore – cauchemarder !
Un rire cristallin me sortit de mes nombreuses et attrayantes idées de suicide.
_ Si tu voyais ta tête, Edwige ! dit Dave.
____Mon regard s'assombrit.
____Et merde !

____Le coup de sifflet retentit. A cet instant, Dave n'existait plus. Vince n'avait plus de nom. Kimberley m'était inconnue. Un vide avait envahit mon cerveau, comme à chaque fois avant les matchs. Je remarquai cependant que Jessica faisait partie de ceux que j'affrontais...
____La balle était à l'adversaire. Et il s'élança tel un tigre sur sa proie entre nos joueurs, n'ayant d'yeux que pour le filet. Mes jambes se contractèrent en une fraction de seconde, et je filai à mon tour. Ici, c'est mon territoire. Ils n'avaient aucune chance.
____Je me démarquai aisément et m'approchai avec une rapidité menaçante vers le garçon qui avait la balle. Une fille, qui m'avait distinguée des autres, décida de protéger leur leader. Trop tard.
____J'avais fondu sur lui, juste avant qu'il ne tire dans les buts, pour lui subtiliser le ballon habilement. Mon regard parcourut brièvement le terrain, sachant que tout se jouait sur les microsecondes. Tous étaient marqués. De plus, bien que je le désirais plus que tout, je ne pouvais pas repartir : quatre personnes m'en empêchaient et dès que je voyais une ouverture, elle disparaissait aussitôt. Je faillis jurer. Soudain, mes yeux croisèrent ceux d'un des joueurs de mon équipe, seul. Il comprit et se prépara. C'était parfait. Comme si nous avions toujours su ce que l'autre pensait...
____Mes membres me propulsèrent en hauteur, bien au-dessus des bras levés, gênants, de mes adversaires. Je tirai.
____La balle traversa presque la moitié du terrain à une vitesse hallucinante et s'arrêta brusquement dans les mains du garçon ; on aurait dit qu'elle y avait toujours logé. Il courut, traversa la ligne adverse, faillit tomber. Marqua.
____Un cri de triomphe s'éleva de notre équipe. Assourdissant.
Mais nous n'eûmes pas le temps de nous réjouir plus ; le jeu reprenait de plus belle. Cette fois-ci, je fus bien mieux marquée que précédemment : la fille ne me lâchait pas d'une semelle. J'avais beau tourner, courir, me stopper nette et repartir, elle me suivait toujours. Coriace. Avide de m'attraper.
____Pendant ce temps, l'adversaire avait réussi à reprendre possession du ballon, et je ne pouvais rien faire tant que la peste ne me laissait pas. C'est alors qu'on lui fit une passe. Mes lèvres s'étirèrent ; au lieu de profiter de cette occasion pour me débarrasser d'elle, je pouvais lui prendre la balle ! Aussitôt, je m'en emparai pour la relancer, sachant pertinemment qu'avec la fille sur les talons, je ne pouvais rien faire. J'envoyai le ballon à la première personne que je vis : Dave. De toute façon, je n'avais pas le choix. Il la récupéra avec facilité et partit affronter courageusement le mur des défenseurs décidés. Vince réussit à se démarquer et l'épaula, lui ouvrant le passage. Tout d'un coup, une fille se rua sur eux. Jessica la suivait. La balle disparut de mon champ de mon vision pendant trois petites secondes. Trois secondes cruciales.
____Elles avaient réussi à la récupérer !
____Je me rendis compte que celle qui devait me marquer avait rejoint le groupement des siens situé devant leur embut, tandis que la ligne de défense de mon groupe s'était quant à elle dispersée, pour je ne savais quelle raison. Il ne restait malheureusement que moi de ce côté du terrain, avec le goal.
____J'étais donc seule à assurer la défense, face aux deux adolescentes qui avaient la balle. C'était évidemment un combat inéquitable.
____Sans me démonter, j'analysai la situation. Si elles se l'envoyaient, je n'allais jamais y arriver.
Autant tenter le tout pour le tout ! [ XDD ]
____Dépourvue de la moindre once d'hésitation, je m'élançai vers Jessica, qui détenait la balle. Elle feinta, et se dirigea brusquement vers la gauche ; je suivis le mouvement. Elle ne pouvait pas m'échapper. Elle dribla, hésitant à faire une passe à sa coéquipière, ne sachant si elle devait m'affronter ou lâcher l'affaire. Je profitai de cette demi-seconde d'incertitude pour passer le dos de ma main sous sa paume. Elle sursauta à ce contact. Je vis l'éclair de compréhension qui traversa son regard bleu, mais tout était déjà fini.
____Le ballon m'appartenait.
____Je partis en sens inverse aussi rapidement que mes jambes le permettaient, j'évitai les nombreux joueurs qui se ruaient sur ma personne. Ils formèrent peu à peu une barrière devant les buts, voyant qu'il était impossible de me voler la balle.
____Aucune brèche.
____Aucune issue.
____Et Jessica, animée par la rage et le désir de vengeance, arrivait derrière moi.
____Mon regard se posa sur Vince ; il n'y avait que lui. Il était à quelques pas des filets adverses. Derrière le mur !
____Mon esprit ne chercha pas à comprendre ce miracle ; mon bras partit, et mon tir arriva avec précision sur mon ami. La force avec laquelle il envoya ensuite le ballon dans les cages me surprit, mais m'arracha encore un sourire.
Une fois de plus, le sifflet retentit. Le match était fini.
____Nous avions gagné !
____Kimberley se jeta sur moi en criant sa joie. Elle m'expliqua comment un des adversaires n'arrêtait pas de la suivre pendant le jeu, et comment elle était parvenue – héroïquement – à s'en débarrasser. Je rigolai avec bonne humeur, lorsqu'une voix sèche interrompit notre discussion.
_ Edwige, je te propose un défi, lâcha Jessica, la mâchoire crispée et les yeux durs.
____Toutes les personnes autour de nous se turent.
____Visiblement, elle n'avait pas apprécié que je lui subtilise la balle, quelques instants plus tôt...


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Muahahahahahahaaaaaaa.
8D

Chapitre 3

# Posté le lundi 20 avril 2009 05:48

Modifié le jeudi 27 août 2009 17:54

Chapitre 4

Chapitre 4
_ Un défi ? répétai-je.
____Pendant que je me demandai si elle me faisait une mauvaise blague, Kimberley s'était éloignée de quelques pas ; l'exacte attitude qu'aurait eu un patient face à un dentiste fou. Alors qu'une tension palpable s'était installée entre Jessica et moi qui donnait la chair de poule à tous, quelqu'un posa un bras rassurant sur mes épaules.
_ Ce n'est pas parce que ton équipe a perdu le match que tu te dois d'assouvir une vengeance, dit Vince avec dureté.
_ Toi, je ne t'ai pas sonné, répliqua méchamment la blonde.
____Plus je la regardais, et moins je l'aimais. Déjà qu'auparavant, ce n'était pas le grand amour, mais là... un sentiment de haine naissait dans mon c½ur. J'avais l'impression qu'elle était la personne la plus ignoble, la plus abjecte en ce monde. Jamais je n'avais ressenti cette sensation, qui s'introduisait dans mes veines, qui commençait à couler dans mon sang pour le noircir. Une impression qui me poussait à tenir tête à Jessica, à me révolter. Semblable à une soudaine montée d'adrénaline, de puissance en mon corps.
_ Et en quoi il consiste ? demandai-je d'une voix assurée.
____Elle ricana, à l'instar de toute sa petite cour qui ne l'avait jamais lâchée depuis que j'étais dans cet établissement. Leur demander si elles allaient aussi prendre des douches ensemble me brûla les lèvres, mais l'heure n'était pas à la plaisanterie ; le regard indomptable et certain de Jessica m'avait rapidement ramenée à la réalité.
_ D'après ce que je sais, tu n'as jamais été très douée pour la natation, n'est-ce pas ? susurra-t-elle, les yeux pétillants.
____Hein ? Comment pouvait-elle savoir ça ?
Et je compris tout en une fraction de seconde. Cette salope avait osé...
_ Depuis quand tu mènes des enquêtes sur mon passé !? explosai-je, les poings serrés. Tu te prends pour qui, au juste ? Je sais qu'il y a des filles assez connes pour te suivre et t'aduler sans cesse, mais il ne faut croire que c'est le cas de tout le monde ! Tu n'as pas tous les droits, merde !! Ma vie ne te concerne en aucun cas, c'est clair ?
_ Ouh, je tremble de peur ! fit-elle, sournoise. Quoi qu'il en soit, tu ne peux pas te défiler : si jamais l'envie te prend de déserter, sache que je pourrirai ton existence avec une joie absolue... Tu viendras donc m'affronter à la piscine, dimanche après-midi, pour une course de cent mètres.
____Un rictus tordit sa bouche.
_ Si tu perds, tu intégreras ma petite cour, tu sais, toutes les « connes » qui sont avec moi. Elles t'accueilleront avec un plaisir authentique, j'en suis certaine.
____Mon pouls s'accéléra. J'ignorai comment elle avait su que j'avais des difficultés pour nager, mais je ne pouvais me laisser insulter de la sorte devant autant de monde.
_ C'est d'accord, dis-je résolument. Mais je dois mettre moi aussi des conditions : si jamais je gagne...
____Son groupe gloussa.
____J'inspirai profondément pour me calmer. Bien que l'idée fût attrayante, je ne devais pas me transformer en meurtrière. Pas aujourd'hui.
____Trop de témoins, de toute façon.
_ Donc, repris-je, si jamais je gagne, tu me feras la plaisir de ne plus faire partie de ma vie. Tu me laisseras tranquille.
_ Si tu veux. Mais ne rêve pas trop : je suis invincible !
____Cette fois-ci, ce fut moi qui explosai de rire. Elle était complètement imbue d'elle-même, c'était dingue ! Avoir une si grande estime de soi-même en devenait dérisoire et pitoyable...
_ Après cinq jours d'entraînement, je serais peut-être capable de te vaincre. Ne me sous-estime, Jessica. Ça serait une terrible erreur.
_ Ouais, ouais, c'est ça ! fit-elle en tournant les talons, un sourire féroce aux lèvres. J'ai hâte de te voir dans mon groupe, Edwige !
____Une fois qu'elle fut partie, je m'assis lourdement en tailleur, à même le sol.
_ Je me suis encore fourrée dans un gros bordel, murmurai-je pour moi-même.

____Assise dans un petit café peu rempli, en tête à tête avec Vince, je broyai du noir. J'avais du mal à me faire à l'idée que j'avais bêtement accepté le pari, alors que mon niveau en natation concurrençait celui de mathématiques... Et d'après ce que m'avait dit Kimberley, Jessica excellait lorsqu'elle était en contact avec l'eau. Un véritable poisson, selon elle.
____Je n'avais aucune chance.
_ Ed, arrête de te démoraliser. Tu n'es pas aussi nulle à la nage que ça quand même !
_ Heu... si.
_ Ah... A ce point ? grimaça-t-il.
____J'acquiesçai, regardant avec attention mon verre de limonade vide. En pensée, je me voyais déjà suivre la blonde partout, rigoler avec les autres de ses blagues, m'acquitter de mes tâches de servantes... C'était le pire supplice qui pouvait m'arriver !
_ Hé ! J'ai une idée !! s'exclama Vince en claquant des doigts, me sortant de ma contemplation.
_ Quoi donc ?
_ Tu sais, je connais quelqu'un qui sait super bien nager. Il pourrait peut-être te coacher, tu ne crois pas ? Et comme ça, tu pourras affronter Jessica sans aucun souci !
_ En cinq jours ? Je sais que je lui ai dit de ne pas me sous-estimer, mais ne me surestimes pas trop non plus. Je suis un être HUMAIN, pas un super-héros ! Mais... pourquoi pas. Je ne veux pas être battue à plate couture ; j'aurais trop honte. Plutôt avec quelques secondes d'écart, tu vois ?
_ C'est sûr que c'est plus classe, rigola-t-il.
____Je commençai à reprendre confiance en moi. A nouveau, je pouvais discerner une lueur d'espérance entre les nuages et la brume, qui me cachaient l'issue de mon avenir. Le soleil revenait en moi.
_ Et qui c'est, ton ami ? demandai-je alors qu'une esquisse de sourire se formait sur mes lèvres.
_ Je crois que tu le connais déjà ; il s'appelle Dave Allen, dit-il.
Mon visage se décomposa soudain.
_ Ce... c'est une blague ?
_ Non. Pourquoi tu dis ça ? demanda-t-il, surpris de ma réaction.
_ Compliqué à expliquer, soupirai-je, mortifiée. Tu ne connais pas quelqu'un d'autre par hasard, qui sait bien nager ?
_ Heu, non. Dave est de loin le meilleur.
_ Et toi, Vince, tu nages bien ? le questionnai-je brusquement, mes yeux verts emplis d'espoir.
_ Pas vraiment, répondit-il, gêné.
_ Je dois être maudite, grognai-je en regardant dehors.
____La pluie commençait à tomber ; de plus en plus fort, elle frappait rageusement contre la vitre contre laquelle j'étais assise. Les gens couraient se mettre à l'abri, et bientôt plus personne n'arpentait la petite rue.
____Le tonnerre gronda.
_ Tu as un problème avec Dave ? demanda mon ami.
_ On peut dire ça, oui.
_ Moi qui le pensais toujours sociable !
_ Non ! Ce n'est pas ça ! Il l'est, enfin, sûrement... Le souci vient de moi, en fait.
_ Qu'est-ce qu'il y a ?
_ J'ai... du mal à m'exprimer en présence de certaines personnes, avouai-je la tête baissée. Et il fait malheureusement partie de cette caste. Du coup, j'essaie de l'éviter. Je sais que c'est bizarre, mais j'ai beau lutter contre ce phénomène, il fait partie de moi. Je me bats contre moi-même. Et je n'aboutis à rien, évidemment.
_ Chacun ses défauts, dit-il gentiment. Moi, je suis incapable de faire un « U » avec ma langue. Regarde !!
____A plusieurs reprises, il tenta de former la lettre désirée, sans succès. L'expression frustrée de son visage me fit éclater de rire.
_ J'ai réussis à te dérider un peu apparemment, fit-il, satisfait. J'espère que cette histoire avec Jessica ne t'a pas fait oublier nos fantômes...
_ Je suis terriblement curieuse de les voir, figure-toi !
____Il se retint de sourire.
_ Tu ne vas pas être déçue.

____La nuit commençait à tomber, et le vent glacial ne tarda pas à nous envelopper Vince et moi. Heureusement pour nous, l'orage avait cessé ; des nuages noirs entouraient quant à eux la lune, dont l'éclat semblait terni en ce soir de septembre. Plus ou moins à l'aveuglette, nous traversâmes de nombreux chemins pour finalement arriver à un ancien parc d'attraction désormais inutilisé depuis un accident, d'après les dires de mon ami. On allait le raser le lendemain. Des éclats de verres étaient semés sur le sol par endroits, des tags recouvraient la plupart des manèges qui n'étaient plus vraiment en état convenable, des morceaux de bois jonchaient le sol...
_ Et ils sont dans le coin tes fantômes, c'est ça ?
_ Ouais. Mais ils ne vont pas venir en claquant des doigts.
_ Bien sûr, dis-je avec humour.
_ Je sais que tu ne crois pas à leur existence, Ed, mais dès que tu en verras un, tu changeras totalement d'opinion ! Ça fait un moment que je t'appelle Ed, ça ne te dérange pas au moins ? demanda-t-il, soudainement inquiet.
_ Pas du tout.
____Nous avançâmes toujours dans le noir, sautâmes par-dessus des branches, pour parvenir enfin face à un bâtiment complètement invisible dans l'obscurité. Si Vince ne m'avait pas parlé de cette construction, j'aurais probablement foncé dedans.
_ Tu veux qu'on entre, alors que je ne vois même pas l'entrée ?
_ Heureusement que je suis là, tu serais perdue sans moi ! affirma-t-il en riant. Allez viens, c'est par là.
____Si j'avais su ce qui m'attendait, jamais je ne l'aurais suivi...
A l'intérieur, une odeur de pourri régnait ; des craquements résonnaient sans cesse. Il faisait froid, humide. Je décidai de nous éclairer avec la lumière qui émanait de mon portable, car marcher dans le noir m'était insupportable.
_ Si tu m'avais prévenue qu'on allait dans un endroit pareil, j'aurais pris une lampe de poche ! En plus, mon téléphone n'a presque plus de batterie, alors on n'aura pas d'éclairage longtemps. T'as pris le tien, toi ?
Personne ne me répondit.
_ Vince ?
J'avais beau le chercher des yeux, il n'était nulle part.
Un frémissement parcouru mon échine.
_ Vince ? répétai-je, un peu plus fort.
____Je n'étais pas rassurée. Mais alors, pas du tout.
____Il devait probablement me faire une farce, pour me voir hurler de peur. Je soupirai intensément afin de reprendre mes esprits et ne pas paniquer ; je ne lui ferai pas le bonheur d'être effrayée !
____Je continuai à cheminer entre les différents objets qui encombraient le sol ; sièges cassés, roues en bois, des sortes de mini wagons... Etrangement, rien n'avait été débarrassé alors que la destruction était programmée pour bientôt.
____Alors que j'enjambai un tabouret, je manquai de peu de tomber ; avec agilité, je me remis en équilibre en m'appuyant sur le mur... Ma main se posa sur un liquide visqueux, au touché des plus désagréables. Le c½ur battant la chamade, j'éclairai ma paume.
____De sang la recouvrait.
_ Putain, c'est quoi ce bordel ? murmurai-je, en sentant la panique m'envahir.
____Chancelante, je voulus continuer, faire comme si ce qui se trouvait sur mes doigts n'était que de l'eau. Et rien d'autre. Je trébuchai et m'étalai de tout mon long par terre. Un cri de surprise s'échappa de ma gorge.
_ Qu'est-ce que c'est, encore ? chuchotai-je, la voix chevrotante, en tournant l'écran de mon portable vers mes pieds.
____Au départ, je ne sus pas vraiment ce que c'était. Ce ne fût qu'une fois plus proche que je compris. Un cadavre gisait à mes pieds. Deux mouches tournaient autour de lui, telles des vautours affamés, avides de chair. Je faillis vomir.
____Je me relevai, les jambes tremblantes. Il y avait une porte devant moi. Je la poussai, sans réfléchir, espérant qu'elle représentait la sortie et la fin de ce cauchemar.
____Mon portable s'éteignit la seconde suivante.
_ Merde...
____Brusquement, l'ouverture que je venais de franchir se referma derrière moi, dans un claquement sonore. Bon, ce n'était pas si grave... Il devait y avoir un autre moyen de sortir de cette pièce.
____Lorsque je me rendis compte que j'avais atterri dans une toute petite salle de trois mètres carrés à peine, sans issue, et dont l'odeur était insoutenable, j'essayai de rouvrir la porte.
Impossible.
____J'étais coincée !
____Que m'avait dit Vince, déjà ? Ah oui... « Ce soir, c'est le moment où jamais ! Parce que demain, tout ce parc va être rasé ! ».
____Une goutte de sueur glacée descendit lentement le long de mon dos.


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:D
Marrant, non?

# Posté le lundi 20 avril 2009 05:53

Modifié le mercredi 24 juin 2009 09:20