____Ma deuxième journée au lycée Desmon allait débuter. Et franchement, après cet horrible cauchemar, je n'avais aucune envie de me lever !
____Mais ma conscience me rappela à l'ordre. Résignée, je sortis du lit pour partir à la recherche de mes vêtements. J'optai pour un haut blanc, et un jean. De toute façon, je n'étais pas assez réveillée pour aller au-delà de la banalité. Cela dit, cet habillage s'accordait merveilleusement à mes courbes, et bien qu'il ne soit pas d'une originalité surprenante, ce que je portais m'allait parfaitement !
Je préparai rapidement mon sac en jetant un ½il sur mon emploi du temps chargé. Comme je regrettais les vacances ! Deux mois à la plage ne me suffisaient pas ; il aurait fallu que j'y reste au moins un an ! Et puis, malgré la présence de personnes formidables, mes anciens amis me manquaient encore... Je secouai la tête, dans l'espoir que ce geste allait faire fuir de mon esprit ces regrets. Repenser au passé n'allait pas me faire progresser dans cette nouvelle vie.
____Après avoir descendu les escaliers, je me décidai à ne pas prendre de petit-déjeuner : l'image du talon envoyé dans la tête de Jessica me perturbait trop. Mais pourquoi avais-je fait un rêve aussi débile ? On m'avait déjà dit que les songes représentaient d'une autre façon nos fantasmes... Bon, OK, il était vrai qu'assommer la blonde n'était pas une si mauvaise idée que ça, mais ma vie ne tournait pas qu'autour ce souhait ! Et puis voir tous ceux du groupe... en nains !! C'était quoi ce délire ? Et Dave qui entrait par une fenêtre tel un héros... il faisait quoi dans mon cauchemar, au juste ?
____Quelques minutes plus tard, il s'imposa à moi que ça devait être les somnifères pris avant la nuit qui m'avaient fait cet effet bizarre...
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Qui est Edwige ? demanda le professeur de mathématiques après avoir consulté la liste des élèves des yeux.
____Pourquoi, sur les trente adolescents de cette classe, c'était MON nom qu'il avait choisi, hein ? Déjà, en maths, j'étais nulle. Mais vraiment nulle. De plus, aller au tableau pour me ridiculiser ne me tentait pas trop... Je fis donc semblant d'être morte, en ne donnant aucun signe de vie.
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Edwige Evens est bien dans cette classe, non ? insista l'homme lunetteux en fronçant les sourcils.
____Kimberley me poussa du coude. Je soupirai. OK, OK, puisque je n'avais pas le choix...
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C'est moi, lâchai-je en levant le bras sans conviction.
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Bien ! Allez donc nous résoudre cette inéquation du second degré. ____Je grinçai des dents, mais me levai tout de même et avançai courageusement – ou plutôt sous la menace des éclairs que me lançaient le prof – vers l'échafaud. L'instituteur me détailla au fur et à mesure que j'avançais, à l'instar du reste des personnes qui peuplaient cette salle. YOUHOUUU ! Je partais pour me suicider, et j'avais même le droit à ce qu'un public assiste à ma mort !! Comme les gens d'ici étaient aimables ! C'était dingue quand même ; avant, dès qu'on entendait «
Edwige, au tableau ! » en cours de mathématiques, ils étaient tous solidaires : ils se bousculaient pour aller répondre à ma place (car ils savaient à quel point mon niveau était plus que lamentable), et le professeur était contraint de les laisser faire.
____Ici, rien. Chacun me regardait avec un sourire, comme si l'idée que j'allais crever sous leurs yeux était tout simplement géniale.
____Une fois face à la noirceur du tableau où était inscrit le calcul maudit, je pris la craie entre mes mains et commençai à la casser nerveusement, sans écrire quoi que ce soit, en faisant semblant de réfléchir intensément.
____C'est alors qu'une idée lumineuse, maligne, subtile – enfin bref – traversa mon esprit : plus de craie, plus de solution à marquer !! Je me retins difficilement d'afficher le sourire de triomphe sur mon visage. Dès que le professeur eut le dos tourné, je mis mon plan diabolique à exécution : le plus discrètement possible, je plaçai la chose blanche damnée et poudreuse sous ma chaussure puis commençai à l'écraser silencieusement. Le rang de devant, qui ne m'avait pas lâchée des yeux, rigola doucement. Je lui intimai de se taire en plaçant mon doigt sur les lèvres, juste au moment où le professeur se retourna dans ma direction pour voir ce qu'il se passait. Je fis mine de me gratter pensivement la bouche. De toute façon, c'était mon seul échappatoire ! Un garçon eut du mal à se contrôler et éclata de rire. Mon regard s'assombrit, et un grognement désapprobateur s'échappa de ma gorge. Si jamais ils ricanaient tous, le prof allait comprendre.
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Alors Mlle Evens, ça avance ?_
Oui oui, complètement ! affirmai-je en sentant qu'il ne restait maintenant plus que de la poudre sous mon pied.
Mais il n'y a pas de craie, c'est bête ça... Je ne peux pas écrire la réponse du coup ! C'est dommage, hein ? Heu... je peux retourner à ma place alors ?____De nouveau, il fronça les sourcils. Mon don de persuasion n'avait pas l'air de fonctionner aujourd'hui... Enfin, ce n'était pas comme s'il avait marché un jour.
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Il y en a forcément une, comment aurais-je écrit sinon ? fit-il en se dirigeant vers le bureau en cherchant des yeux, visiblement contrarié.
Au bout de quelques secondes, il concéda que l'objet recherché avait bel et bien disparu. Mais au lieu de me renvoyer à ma chaise, il demanda à une fille d'aller en chercher une autre.
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Merde ! lâchai-je dans un souffle, en espérant intérieurement qu'elle allait se paumer dans les couloirs.
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Pardon ? Vous avez dit quelque chose ?_
Hmm non non, c'est rien, je me raclais juste la gorge, répondis-je en souriant.
Nous attendîmes le retour de l'adolescente pendant deux petites minutes dans un silence complet. Ces cent vingt malheureuses secondes étaient toujours ça de gagné. Pile au moment où l'adolescente franchit le pas de la porte, la sonnerie retentit.
____Je faillis me mettre à genoux et remercier le Seigneur tellement j'étais heureuse. Alors que je m'éloignai du tableau soulagée d'un poids énorme, je me rendis compte avec horreur que je laissai des traces de pas blanches derrière moi... Le regard dur du professeur me transperça lorsqu'à son tour il les vit. Je me sentis obligée de me justifier.
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Je vous assure, c'est ...de l'aspirine ! déclarai-je en levant les mains, la mine innocente.
J'en avais un sachet dans ma poche, mais il s'est ouvert !_
Nous en reparlerons, jeune fille, fit-il en rangeant ses affaires et se dirigeant vers la sortie.
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Merde merde merde !! grimaçai-je.
____Lola me donna une tape dans le dos en se tenant les côtes.
_
De l'aspirine !!!! répéta-t-elle, toujours hilare.
Et tu avais l'espoir qu'il te croit ?!_
Oh, grommelai-je,
c'est la première chose que j'ai trouvé ! Je n'ai jamais eu l'imagination débordante, figure-toi. Tu aurais dit quoi à ma place, hein ?____Elle ne me répondit pas, se contentant de rire de plus belle. Morgane se joignit à elle ; et finalement, le fou rire m'emporta à mon tour.
_
T'es géniale, fit Lola en rigolant.
Dès le deuxième jour, tu fais une connerie !____L'heure suivante, la classe fut séparée en deux groupes selon l'ordre alphabétique, et je fus séparée de Kimberley, Morgane et Lola. La mort dans l'âme, je me rendis au labo de Sciences de la Vie et de la Terre. Je déposai mes affaires à l'avant dernier rang, près de la fenêtre. La petite pièce puait les produits de nettoyage ; tout brillait trop. Je n'aimais pas.
____Alors que mon regard vague observait à travers la vitre la rue vivante, les passants agités, quelqu'un s'installa à côté de moi. C'était un jeune homme blond, au beau regard océan. Et même assis, il me dépassait de nombreux centimètres.
____Je lui souris, et me présentai.
_
Je m'appelle Vincent, mais je préfère Vince. Ravi de te rencontrer. _
Moi de même, répondis-je poliment.
Tu es à Desmon depuis longtemps ?_
Ouhla, depuis tout petit ! Mais c'est rare, les nouveaux maintenant._
Ah bon ?_
Ouais. En fait, c'est surtout depuis ce qu'il s'est passé il y a deux ans...____Un sentiment de curiosité était monté en moi, me brûlait les lèvres. Il y avait donc eu quelque chose d'intéressant, dans cette école aux apparences banales ?
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Qu'est-ce qui est arrivé ?____Il rit en se passant une main dans les cheveux.
_
Une rumeur a circulé comme quoi il y avait des fantômes dans la région...Je levai un sourcil réprobateur, légèrement déçue.
_
Ça n'existe pas._
Ce n'est pas parce que tu n'en n'as jamais vu que tu peux l'affirmer, dit-il malicieusement.
_
Tu y crois, toi ?Il ne me répondit pas, faisant mine de s'intéresser au cours. Son sourire mystérieux flottait toujours sur ses lèvres.
_
Tu voudrais en voir un ? demanda-t-il soudainement en se retournant vers moi.
____Une fois de plus, je rencontrai ses yeux à la couleur de la mer. Irrésistibles. Envoûtants. Je me mordis la langue pour ne pas me laisser emporter par son charme.
_
Ça me semble être la seule façon de me persuader de leur existence. _
Ce soir, après les cours, tu es libre ?____J'acquiesçai. Il me faisait marcher, j'en étais certaine.
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Pourquoi ? le questionnai-je, espiègle.
Un fantôme va nous attendre à la sortie ?____Il rigola doucement, pour ne pas se faire remarquer du professeur.
_
Non, bien sûr que non. Mais je connais un endroit où l'on pourrait peut-être en apercevoir un._
Où ça ?_
Ahah ! Secret, dit-il en faisant un clin d'½il.
____L'après-midi s'acheva avec deux heures d'éducation sportive, en interclasse. Le cycle était handball, j'avais de la chance : depuis toute petite, j'y jouais avec mes anciens amis. Depuis, j'avais acquis un niveau plus que convenable pour ce sport.
____Le terrain intérieur était immense, comme toutes les salles de ce lycée apparemment. De nombreux élèves étaient assis en face des trois enseignants, bien que ceux-ci ne donnaient pas encore d'instruction.
____Les grandes fenêtres permettaient de laisser entrer le soleil, et d'éclairer la pièce. Je trouvais ça agréable. J'avais l'impression de sentir les rayons caresser ma peau, mes cheveux, comme à la plage... Un sourire se dessina sur mes lèvres. Je sortis des vestiaires dans les dernières, et j'aperçus avec effroi Dave, en pleine discussion avec Vince, et trois autres garçons. Dès qu'ils m'aperçurent, ils stoppèrent leur conversation. Je ne cherchai pas à comprendre pourquoi, et m'installai silencieusement à côté de mes amies...
____Une minute plus tard, le professeur expliquait les règles que je connaissais déjà par c½ur. Ensuite, il désigna six garçons (deux selon les classes) - dont Vince - pour faire les équipes.
____Je rejoignis celle du blond dont j'avais fait depuis peu la connaissance ; à mon grand bonheur, Kimberley aussi, mais Morgane et Lola furent choisies par d'autres personnes que je ne connaissais pas. Je commençai à parler avec ma voisine de classe de tout et de rien, lorsque j'entendis un nom. En temps normal, l'entendre ne m'aurait pas choquée. Mais il avait fallu que ce soit
VINCE qui le prononce, pour L'intégrer à notre équipe.
____Dave.____Je faillis m'enfuir.
____Oh non.
Oh non non non. Je devais – encore – cauchemarder !
Un rire cristallin me sortit de mes nombreuses et attrayantes idées de suicide.
_
Si tu voyais ta tête, Edwige ! dit Dave.
____Mon regard s'assombrit.
____Et merde !
____Le coup de sifflet retentit. A cet instant, Dave n'existait plus. Vince n'avait plus de nom. Kimberley m'était inconnue. Un vide avait envahit mon cerveau, comme à chaque fois avant les matchs. Je remarquai cependant que Jessica faisait partie de ceux que j'affrontais...
____La balle était à l'adversaire. Et il s'élança tel un tigre sur sa proie entre nos joueurs, n'ayant d'yeux que pour le filet. Mes jambes se contractèrent en une fraction de seconde, et je filai à mon tour. Ici, c'est mon territoire. Ils n'avaient aucune chance.
____Je me démarquai aisément et m'approchai avec une rapidité menaçante vers le garçon qui avait la balle. Une fille, qui m'avait distinguée des autres, décida de protéger leur leader. Trop tard.
____J'avais fondu sur lui, juste avant qu'il ne tire dans les buts, pour lui subtiliser le ballon habilement. Mon regard parcourut brièvement le terrain, sachant que tout se jouait sur les microsecondes. Tous étaient marqués. De plus, bien que je le désirais plus que tout, je ne pouvais pas repartir : quatre personnes m'en empêchaient et dès que je voyais une ouverture, elle disparaissait aussitôt. Je faillis jurer. Soudain, mes yeux croisèrent ceux d'un des joueurs de mon équipe, seul. Il comprit et se prépara. C'était parfait. Comme si nous avions toujours su ce que l'autre pensait...
____Mes membres me propulsèrent en hauteur, bien au-dessus des bras levés, gênants, de mes adversaires. Je tirai.
____La balle traversa presque la moitié du terrain à une vitesse hallucinante et s'arrêta brusquement dans les mains du garçon ; on aurait dit qu'elle y avait toujours logé. Il courut, traversa la ligne adverse, faillit tomber.
Marqua.
____Un cri de triomphe s'éleva de notre équipe. Assourdissant.
Mais nous n'eûmes pas le temps de nous réjouir plus ; le jeu reprenait de plus belle. Cette fois-ci, je fus bien mieux marquée que précédemment : la fille ne me lâchait pas d'une semelle. J'avais beau tourner, courir, me stopper nette et repartir, elle me suivait toujours. Coriace. Avide de m'attraper.
____Pendant ce temps, l'adversaire avait réussi à reprendre possession du ballon, et je ne pouvais rien faire tant que la peste ne me laissait pas. C'est alors qu'on lui fit une passe. Mes lèvres s'étirèrent ; au lieu de profiter de cette occasion pour me débarrasser d'elle, je pouvais lui prendre la balle ! Aussitôt, je m'en emparai pour la relancer, sachant pertinemment qu'avec la fille sur les talons, je ne pouvais rien faire. J'envoyai le ballon à la première personne que je vis : Dave. De toute façon, je n'avais pas le choix. Il la récupéra avec facilité et partit affronter courageusement le mur des défenseurs décidés. Vince réussit à se démarquer et l'épaula, lui ouvrant le passage. Tout d'un coup, une fille se rua sur eux. Jessica la suivait. La balle disparut de mon champ de mon vision pendant trois petites secondes. Trois secondes cruciales.
____Elles avaient réussi à la récupérer !
____Je me rendis compte que celle qui devait me marquer avait rejoint le groupement des siens situé devant leur embut, tandis que la ligne de défense de mon groupe s'était quant à elle dispersée, pour je ne savais quelle raison. Il ne restait malheureusement que moi de ce côté du terrain, avec le goal.
____J'étais donc seule à assurer la défense, face aux deux adolescentes qui avaient la balle. C'était évidemment un combat inéquitable.
____Sans me démonter, j'analysai la situation. Si elles se l'envoyaient, je n'allais jamais y arriver.
Autant tenter le tout pour le tout ! [ XDD ] ____Dépourvue de la moindre once d'hésitation, je m'élançai vers Jessica, qui détenait la balle. Elle feinta, et se dirigea brusquement vers la gauche ; je suivis le mouvement. Elle ne pouvait pas m'échapper. Elle dribla, hésitant à faire une passe à sa coéquipière, ne sachant si elle devait m'affronter ou lâcher l'affaire. Je profitai de cette demi-seconde d'incertitude pour passer le dos de ma main sous sa paume. Elle sursauta à ce contact. Je vis l'éclair de compréhension qui traversa son regard bleu, mais tout était déjà fini.
____Le ballon m'appartenait.
____Je partis en sens inverse aussi rapidement que mes jambes le permettaient, j'évitai les nombreux joueurs qui se ruaient sur ma personne. Ils formèrent peu à peu une barrière devant les buts, voyant qu'il était impossible de me voler la balle.
____Aucune brèche.
____Aucune issue.
____Et Jessica, animée par la rage et le désir de vengeance, arrivait derrière moi.
____Mon regard se posa sur Vince ; il n'y avait que lui. Il était à quelques pas des filets adverses. Derrière le mur !
____Mon esprit ne chercha pas à comprendre ce miracle ; mon bras partit, et mon tir arriva avec précision sur mon ami. La force avec laquelle il envoya ensuite le ballon dans les cages me surprit, mais m'arracha encore un sourire.
Une fois de plus, le sifflet retentit. Le match était fini.
____Nous avions gagné !
____Kimberley se jeta sur moi en criant sa joie. Elle m'expliqua comment un des adversaires n'arrêtait pas de la suivre pendant le jeu, et comment elle était parvenue – héroïquement – à s'en débarrasser. Je rigolai avec bonne humeur, lorsqu'une voix sèche interrompit notre discussion.
_
Edwige, je te propose un défi, lâcha Jessica, la mâchoire crispée et les yeux durs.
____Toutes les personnes autour de nous se turent.
____Visiblement, elle n'avait pas apprécié que je lui subtilise la balle, quelques instants plus tôt...
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Muahahahahahahaaaaaaa.
8D